TOUR D'HORIZON DES OEUVRES LIEES A SAINT SEIYA

 

Quelles sont les raisons du succès de Saint Seiya ? A cette question, il existe sans doute une infinité de réponses : les combats surréalistes, les émotions, l'esthétisme transmis par la musique, les graphismes et les décors, etc. Cependant deux éléments ont indubitablement fournis à la série la force et l'originalité nécessaires pour obtenir une si grande reconnaissance du public : la mythologie grecque et les armures.
En effet, l'histoire de ces chevaliers prend ses racines dans les légendes de la Grèce Antique : les héros, les monstres, les dieux grecs servent de base à l'univers de la série. Par ailleurs, nos héros ne seraient rien sans leurs armures, formidables créations divines, magiques et mystiques, qui procurent tant d'intérêt à l'intrigue.
Il s'agit donc là des deux forces de cette œuvre, et si l'on parle aujourd'hui d'armures ou de mythologie grecque dans le domaine des mangas, on pensera inévitablement à Saint Seiya. Toutefois, ces deux concepts ne sont pas l'exclusivité de cette série, et d'autres mangas ont nagé dans les mêmes sphères.
Petit tour d'horizon de ces œuvres liées à Saint Seiya.

 

La mythologie grecque dans les mangas :

Il faut avouer que les mangas traitant de la mythologie grecque ne sont pas rares, mais si l'on prend en compte l'énorme production japonaise en terme de bandes dessinées et d'animés, cela reste tout de même un phénomène assez peu répandu. Cependant, Saint Seiya n'innovait pas en la matière, car plusieurs œuvres antérieures ont marqué les mémoires dans ce domaine...

 

Triton of the Sea (Umi no Triton)
Date de production : 1972
Durée de la série : 27 épisodes + 1 film
L'histoire : Triton est le descendant d'une puissante civilisation aquatique dont Poséidon, le tyran des mers, a juré la perte. Très jeune, le héros devient orphelin et perd tout souvenir de ses origines. Lorsque le dieu des océans retrouve la trace du rescapé, une lutte sans merci va commencer entre le jeune garçon et le dangereux maître des océans.

Une série qui n'a jamais été adaptée en France, et pour cause, elle est très ancienne. Elle est cependant l'un des précurseurs dans le domaine des séries inspirées de la mythologie grecque.

 

Ulysse 31
Date de production : 1978
Durée de la série : 26 épisodes
L'histoire : Dans un futur lointain, à une époque où les hommes ont conquis l'espace, Ulysse est un voyageur qui se retrouve prisonnier d'une galaxie aussi dangereuse que mystérieuse : l'Olympe. Pour avoir détruit une créature de Poséidon, il sera maudit par les dieux et devra subir mille épreuves avant de pouvoir s'échapper de ce monde sans pitié.

Une revisite spatio-futuriste très intelligente du mythe de l'Odyssée. Ici, les tridents sont des vaisseaux d'attaque, le Cyclope un robot géant et Charybde et Scylla des planètes entre lesquelles le passage est particulièrement dangereux. Et de même, chaque élément de l'œuvre d'Homère se retrouve ici, remis au goût du jour, toujours avec de très bonnes idées.

 

la Petite Olympe et les Dieux (Ochamegami Monogatari Korokoro Pollen)
Date de production : 1982-1984
Durée de la série : 46 épisodes
L'histoire : Olympe, la fille d'Apollon, passe son soit à chercher une femme qui pourrait faire office de mère (et accessoirement une femme pour son père), soit à essayer de devenir une véritable déesse. Le problème, c'est que les dieux sont bien loin des êtres supérieurs que nous décrit la mythologie : Poséidon ne sait pas nager, Eros est petit et laid, Zeus très gamin, etc. Ainsi, chaque épisode reprendra les fameuses légendes grecques, mais en les tournant la plupart du temps en ridicule.

Une série originale et très drôle, comme les japonais savent si bien les faire !

 

Arion
Date de production : 1986
Durée de la série : 1 film
L'histoire : Arion est un titan, à savoir un descendant de la famille des dieux, étant le fils de Déméter. Tandis que les autres titans s'affrontent pour la conquête de la terre, le jeune Arion est élevé par Hadès, le maître des enfers. Devenu adulte, il est si fort qu'il pourrait bien faire basculer le sort de la guerre opposant Athéna à Poséidon, mais il ignore encore tout du rôle des dieux, de ceux qui dirigent réellement le monde, et de son propre destin.

Un film magnifique, alternant entre humour, action et légendes. Il est intéressant de découvrir ici une Athéna dans le rôle d'une méchante ! Dommage que la traduction française ait fait tant d'erreurs dans le nom des personnages, pourtant tous issus de la mythologie grecque.

 

Pygmalion (Pygmalio)
Date de production : 1990-1991
Durée de la série : 39 épisodes
L'histoire : Karal est un jeune garçon dont les parents ont été changés en pierre par l'infâme Médusa, la reine du mal. De là va commencer pour lui une quête au cours de laquelle il deviendra un héros redouté, armé de l'épée de terre, capable de devenir aussi grande qu'une montagne, et accompagné d'un petit dragon à corne.

Une série moyenne, sans doute destinée aux plus jeunes, qui certes exploite bien le monde mythologique (bien que de façon peu logique : Médusa en grande méchante ?), mais qui manque d'un scénario vraiment creusé et de scènes d'action valables.

 

Les armures dans les mangas :

Le concept d'armures dans les mangas est bien plus rare que celui de la mythologie grecque, et n'a pour ainsi dire jamais été exploité avant Saint Seiya, qui est donc un précurseur en la matière. Certes il y a eu d'autres séries dont les héros revêtaient des armures magiques, mais aucune n'a développé le concept aussi loin que dans Saint Seiya et les quelques séries qui ont suivi...

 

les Samouraïs de l'Eternel (Yoroiden Samurai Troopers)
Date de production : 1988-1989
Durée de la série : 39 épisodes + 11 OAV
L'histoire : Cinq jeunes garçons ont été entraînés par un maître mystérieux afin d'endosser des armures légendaires de samouraïs qui leur permettront de combattre Arago (Arcatacor), l'empereur maléfique qui règne sur le monde des ténèbres. Celui-ci commande les démons, eux-mêmes vêtus d'armures légendaires étrangement liées à celles de nos héros, mais cette bataille n'est que le prolongement d'une guerre ayant commencé il y a mille ans.

Une série de qualité, qui développe admirablement les éléments forts de Saint Seiya sans pour autant en être une simple copie : pouvoirs magiques, légendes omniprésentes, émotions et sentiments, etc. Ici, les armures sont moins esthétiques que celles de Kurumada, mais plus réalistes, plus proches des protections qu'endossaient les guerriers samouraïs ; et c'est la mythologie japonaise, très peu connue en France, qui sert de toile de fond à l'intrigue.

 

Shurato, Roi des Lions (Tenkû Senki Shurato)
Date de production : 1989-1990
Durée de la série : 38 épisodes + 6 OAV
L'histoire : Le héros de cette histoire est un jeune garçon qui se retrouve un jour projeté dans le monde des Devas, les dieux hindous, où il découvre être un guerrier au service de Vishnu, la déesse de l'harmonie, en même temps que Gai, son ami d'enfance, est envoûté par Shiva, le dieu de la destruction qui menace le monde.

Une bonne série, même si elle reste selon moi en-dessous de Saint Seiya et Samurai Troopers. Ce sera au tour de la mythologie hindouiste de servir de base à l'histoire. Quant aux armures, elles sont bien plus imposantes (on pourrait même dire "encombrantes") que dans Saint Seiya, ce qui n'est pas du goût de tout le monde.

 

Silent Knight Syow
Date de production : 1993
Durée de la série : 2 volumes (n'existe qu'en manga)
L'histoire : Syow, un jeune étudiant, se retrouve au milieu d'un énorme complot qui concerne une société secrète appelée la "Neo Society". Celle-ci regroupe les "Knights", des humains capables de faire apparaître sur leur corps des armures utilisant des pouvoirs de toutes les créatures de l'évolution animale.

Une série qui n'a pas dépassé les deux volumes, et dont la fin ne sera jamais réalisée. Il n'est pas non plus question d'adaptation animée ni de traduction française, Kurumada n'a produit ici qu'une redite trop peu innovante de son précédent succès Saint Seiya. Nous retiendrons tout de même les très belles armures qu'il a réalisées pour l'occasion.

Voir la page dédiée.

 

Etude réalisée par Vincent, sans pseudo.

le Scribe du Sanctuaire