LES MODELES UTILISES DANS SAINT SEIYA

 

- la Grèce,
- le reste de l'Europe,
- le reste du monde (ci-dessous),
- les modèles utilisés dans l'animé,
- les modèles utilisés dans Saint Seiya Episode G,
- les autres pistes à explorer.

Bien sûr, les références de Kurumada ne se limitent pas à l'Europe, ce serait un comble pour un Japonais ! Il fait également de nombreux emprunts à l'héritage asiatique, et notamment bouddhique.

MONDE

 

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Gange [photo]
Le Gange, le lieu où s'est entraîné Shaka et auquel il fait référence lors de ses discussions avec Bouddha, est le fleuve sacré par définition. Il est le symbole des religions hindouiste et bouddhiste et ses vertus miraculeuses en font un lieu de pèlerinage toujours visité. Les gens y viennent pour prier, pour s'y purifier, pour y brûler leurs morts ou même pour y mourir. L'eau du fleuve est si pure, dit-on, que quelques gouttes suffisent à purifier hommes et objets. Mais d'un point de vue plus réaliste, le fleuve est sans doute le plus sale et le plus pollué de toute la planète, ce qui ne diminue en rien le culte qui lui est consacré !

 

    
Bouddha assis
Lorsque Ikki tente d'échapper à Shaka en s'éloignant à des milliers de kilomètres, il se retrouve soudain dans la paume de Bouddha, et constate qu'il n'est en fait même pas sorti de la Maison de la Vierge. Outre le fait que cette scène soit un clin d'œil au roman "le Roi Singe" (cf. ce dossier), l'image de Bouddha utilisée ici fait référence à l'une des plus célèbres statues japonaises du personnage : c'est le Daibutsu ("Grand Bouddha") de la ville de Kamakura. Réalisée en 1252, cette statue de bronze de 13 mètres de hauteur est la plus grande du pays après celle de Nara. La position en tailleur (position du lotus, pour la méditation) est l'une des plus utilisées pour représenter le Bouddha.

 

    
Bouddha debout
Lors de ses discussions avec Bouddha, Shaka est dans une pièce avec une statue de Bouddha très abîmée. Parmi les plus célèbres statues de Bouddha debout, celle qui se rapproche le plus de cette image était la plus grande des deux statues géantes de Bamiyan, en Afghanistan. Celles-ci avaient été sculptées il y a plus de 1500 ans à même la falaise, et la première (celle sur l'image) mesurait 53 mètres, et la seconde 38 mètres, elles étaient donc les plus grandes représentations de Bouddha du monde. Et pourquoi je parle au passé ? Parce qu'en 2001, les talibans (au pouvoir à cette époque) n'ont rien trouvé de mieux à faire que de dynamiter ces deux monuments du patrimoine bouddhiste !

 

    
Bouddha couché [photo]
Ici, il ne s'agit pas d'un dessin inspiré d'une image mais bel et bien d'une photo, le grain en est tout à fait reconnaissable. Elle est aperçue lorsque Saga découvre le jardin des Sals jumeaux et que la légende de la mort de Bouddha lui renvient en mémoire. Il s'agit du Bouddha couché, tel qu'il est représenté au moment de sa mort. Etant donné les décorations qui apparaissent le long de la couche du Bouddha, il n'y a aucun doute sur l'origine de cette photo : c'est le Bouddha des caves d'Ajanta, en Inde. Il s'agit d'un ensemble de vingt-neuf cavernes bouddhiques comprenant quatre sanctuaires et vingt-cinq monastères, un vrai monde souterrain ! Ces grottes auraient été creusées et décorées vers le 5e ou 6e siècle, et le Bouddha couché n'est qu'une des merveilles contenues dans ce complexe. Il est à noter que les peintures murales bouddhiques qui s'y trouvent sont parmi les plus anciennes du monde.

 

    
Bouddha à jeun [photo]
Encore une fois, il ne s'agit pas là d'un dessin mais d'une photo. C'est l'aura qui accompagne Krishna, général de Chrysaor, lorsque celui-ci invoque sa technique "Maha Roshini". Ce personnage inquiétant n'est autre que Bouddha, mais sous une apparence très différente du bienfaiteur joyeux et enrobé que l'on voit habituellement : c'est la représentation "à jeun" du personnage, lorsqu'il tenta d'atteindre, sans succès, le Nirvana par la privation de nourriture. Cette photo ressemble beaucoup à la statue exposée au Musée de Lahore, au Pakistan ; elle daterait de la période Kushana (1e au 3e siècle).
En conséquence, on peut dire qu'il n'y a qu'un seul personnage dans Saint Seiya dont l'aura prend la forme de Bouddha, et ce n'est pas Shaka !

 

   
Naissance de Bouddha
Cette illustration représente Shaka version enfant, mais dans une pose et un contexte qui sont inspirés de la Naissance de Bouddha, un événement légendaire du Bouddhisme. La photo ci-dessus provient d'une fontaine utilisée lors de la célébration de la naissance au Japon.
D'après la légende, la naissance de Siddhartha "Shakyamuni" Gautama, le futur Bouddha, aurait eu lieu au Népal vers 500 avant JC (les traditions divergent quant à la date exacte). Il serait né dans une fleur de lotus, un doigt pointé vers le ciel et l'autre vers la terre, tandis que neuf dragons l'arrosaient d'eau pure.
A noter que la phrase prononcée par Shaka à ce moment-là : "Entre Ciel et Terre, je suis l'être suprême de l'univers", est celle que Bouddha est censé avoir dite lors de sa naissance.

 

    
Zochoten
Voici à quoi ressemble la protection de Chrysaor lorsqu'elle quitte le corps de son porteur. La position des bras, la lance et le cercle enflammé (nimbe) font penser à Zochoten, l'un des quatre Rois Célestes du Bouddhisme, qui vit au Mont Sumeru et rempli la tâche de gardien du Sud. La statue visible ici est conservée au Todaiji de Nara, au Japon, et date du 8e siècle. En conclusion, on peut dire que le défenseur du pilier de l'Océan Indien fait référence à trois personnages du folklore indien : à Bouddha par son aura, à Krishna par son nom, et à Zochoten par son armure !
En tout cas, cet emprunt peut expliquer pourquoi l'épée d'or de Chrysaor a été remplacée par une lance d'or.
Merci à www.guiasaintseiya.tk pour cette découverte.

 

    
Mandala Taizôkai
Lorsque Shaka fait appel à sa technique secrète d'ablation des sens, "Tenbuhôrin", une décoration apparaît tout autour de lui et de sa victime. Ces dessins sont des "mandalas". L'étymologie de ce mot renvoie au sens de centre et de périphérie : le mandala est effectivement censé être une représentation de l'univers avec sa périphérie - ce qui est visible par les sens et donc connu - et le centre - ce qui est invisible et inconnu. Plus particulièrement, le mandala illustre les mystères de l'âme et les chemins à parcourir pour comprendre l'univers. La plupart du temps, ces mandalas sont peints sur toile et servent de décoration dans les temples ou de support pour les méditants.
Le mandala ici présent est un Taizôkai, aussi appelé "monde de la matrice", propre au Bouddhisme Tantrique.

 

    
Chakra Mooladhara
Ce symbole apparaît à deux reprises : la première fois sur la lance d'or de Krishna, général de Chrysaor, et la deuxième fois sur la porte qui, dans la Maison de la Vierge, mène au Jardin des Sals Jumeaux. Il s'agit de la représentation du premier chakra, le Chakra Mooladhara (ce qui signifie "racine"). Les chakras sont les points d'énergie de notre corps, et sont localisés tout le long de la colonne vertébrale. Le chakra racine est situé au-dessus de l'os sacrum et représente l'élément terre.
Merci à aka pour cette découverte.

 

   
Fuji-san
Lorsque le saint rebelle Ikki lance un défi aux saints de bronze, c'est au mont Fuji (le Fuji-san, et non Fuji-yama) qu'il fixe le lieu de la rencontre. D'une hauteur de 3776 mètres, cette montagne (ou plutôt ce volcan) est le point culminant du Japon, mais ce qui fait la particularité de ce lieu, ce sont toutes les légendes qui y sont associées : durant longtemps, l'ascension du mont était interdite aux femmes, et n'était pratiquée que dans un but religieux.

 

    
La grotte des vents
Kurumada fait également mention des Juffuketsu (Dix Trous des Vents), sauf qu'en réalité il n'existe qu'une Grotte des Vents (Fuketsu). Pourquoi l'avoir multipliée par dix ? Bonne question.
Il parle aussi de la grotte Shonan-Enoshima qui, dit-il, mènerait au sommet de la montagne, mais dont personne n'est revenu vivant ou sain d'esprit (décidément !) ; il s'agirait tout au plus de légendes urbaines.
Merci à aka pour cette découverte.

 

    
La forêt Aokigahara
Enfin, Kurumada parle de la forêt Aokigahara, située au pied du mont, en disant que l'on y perd le sens de l'orientation et que personne n'en est jamais revenu. C'est un petit peu exagéré, la vérité étant que cette forêt, surnommée Jukai ("mer d'arbres"), est un endroit que beaucoup de suicidés choisissent pour mettre fin à leurs jours.

 

    
Ile d'Iôjima
Voici à quoi ressemble l'Ile de la Reine de la Mort vue du ciel. Le lieu d'origine des Chevaliers Noirs semble prendre comme modèle l'Ile d'Iôjima, dans l'Archipel Nansei, au sud-ouest du Japon (à ne pas confondre avec la célèbre île d'Iwojima). C'est une pettie île volcanique de 12 kmē, dont la population s'élève à environ 150 personnes !

 

   
Agyo
En revenant de l'Ile de la Reine de la Mort, personne ne reconnaît Ikki tant il est chargé de haines. Afin d'illustrer ce débordement de colère, Kurumada fait apparaître derrière lui le visage d'Agyo. Ce personnage du folklore japonais est l'un des deux gardiens de Nio, dont les statues se tiennent à l'entrée de nombreux temples bouddhistes au Japon, et notamment à la porte du Todai-Ji de Nara. Les deux personnages représentent chacun un concept bien particulier de la force : Agyo correspond à la force brute et à la haine, tandis que Ungyo symbolise le courage et la force contrôlée. En photo, c'est une statue de bois exposée au temple Sanjusangen-Do à Kyôto, qui date du 12e siècle.

 

   
Lion Chinois
Lorsque l'armure de Ban, le saint du Lionet, reprend sa forme déposée, la tête de l'animal n'est pas sans rappeler la façon dont les asiatiques représentaient autrefois les lions. Regardez comment Kurumada s'est inspiré des statues de pierre de Kamakura qui datent de l'ère Meiji. Ces statues, souvent placées à l'entrée des temples, avaient à peu près le même rôle que les gardiens de Nio, à savoir protéger les lieux des mauvais esprits. A noter que dans la section Jôsampo (balade à pied) de son site, Kurumada nous montre une statue de lion en la qualifiant d'armure du Lionet !

 

   
Rozan
Rozan est le lieu où Shiryû s'est entraîné pour obtenir l'armure du Dragon. Cette région existe réellement en Chine sous le nom de Lushan (Rozan en est la retranscription japonaise). Regardez la photo, et notamment le symbole peint sur la falaise, qui n'est autre que la forme archaïque de l'idéogramme désignant "dragon" (merci à Rag pour cette précision !).
Il existe une légende à cet endroit à propos d'un dragon sombre qui habiterait au fond du bassin, qui porte justement le nom de "Bassin du Dragon Sombre".
Cliquez sur la photo pour avoir une vue plus en hauteur de Lushan.

 

    
Temple du Bayon
Début du chapitre Hadès : les 108 étoiles maléfiques s'échappent du sceau d'Athéna, la guerre avec le dieu des morts va bientôt recommencer ! L'endroit d'où les âmes des spectres jaillissent est une référence au temple du Bayon, à Angkor-Thom, au Cambodge. C'est là l'œuvre du peuple khmer, et plus particulièrement du souverain Jayavarman VII, qui fit construire cet impressionnant complexe vers 1200. Ce "temple montagne" est constitué d'une multitude de tours couvertes de plus de deux cents visages tournés vers les quatre points cardinaux ; la tour principale atteint 43 mètres de haut, et les bas-reliefs qui décorent les murs de la construction représentent plus de onze mille personnages sculptés. Il s'agit d'un temple unique en son genre.
Merci à Damien pour cette découverte.

 

    
Himalaya
Afin de réparer son armure et celle de Seiya, toutes deux gravement endommagées suite à leur combat lors du tournoi, Shiryû va se rendre en Himalaya afin de trouver l'homme capable de rendre vie aux protections sacrées. Cette chaîne de montagne est l'une des plus grandes et des plus célèbres du monde : elle chevauche le Pakistan, l'Inde, le Népal, le Tibet (Chine) et le Bhoutan. De plus, ses sommets sont les plus hauts du monde, notamment l'Everest qui culmine à 8850 mètres. Le terme d'Himalaya signifie en sanscrit "demeure de la neige". Cela reste encore aujourd'hui une région où y vivre est un combat quotidien.

 

    
Pagode de Thien Mu
Cette tour est la demeure où Mu, le réparateur d'armures, réside lorsqu'il n'est pas au Sanctuaire. Le modèle utilisé est la Pagode de Thien Mu, construite en 1601 dans la commune de Huong Long, au Vietnam.
Une légende raconte l'origine de sa conception de la façon suivante : en pleine nuit, une vieille dame tenant une lanterne apparut et affirma que cet endroit était parfait pour y construire un sanctuaire bouddhiste, et que tous ceux qui participeraient à son élaboration recevraient en retour bonheur et fortune. Cette légende explique le nom de la Pagode (Thien Mu = "Dame Céleste"), et peut être rapprochée de la façon dont Mu se manifeste face à Shiryû.

 

    
Masque de Rangda
Personne n'a dû oublier le terrifiant masque qu'arbore Guilty, maître d'Ikki et responsable de la folie de son élève. Ce masque est en fait un emprunt au mythe de Barong et Rangda, transmis depuis des générations sur l'Ile de Bali (Indonésie) sous la forme d'une danse traditionnelle. Celle-ci met en scène le combat entre Barong, le bien, et Rangda, le mal. Les danseurs qui incarnent les personnages portent des masques, et celui que vous voyez là correspond à Rangda, la reine des sorcières aussi nommée la "Reine de la Mort" (ben tiens...). Il existe de nombreuses variantes de ce masque, mais certains éléments s'y retrouvent toujours : les défenses de sanglier, les trois pointes au front, les yeux ronds, etc. La couleur peut également varier, mais c'est généralement le rouge qui est employé. Dans le manga, l'Ile de la Reine de la Mort se situe dans l'Archipel Phénix, en Polynésie.

 

    
Mur des Lamentations
Voici donc le Mur des Lamentations, qui sépare les Enfers du Paradis. Ici, la référence ne se situe pas au niveau de l'apparence mais bien de l'appellation : ce rempart porte le même nom que le célèbre mur de Jérusalem, dernier vestige du Deuxième Temple, construit par Hérode en 515 avant JC et détruit par les Romains en 70. S'il porte le nom de "Deuxième Temple", c'est car il a été bâti sur les ruines du Premier Temple de Jérusalem, celui érigé par le roi Salomon vers 950 avant JC, et ravagé par les Babyloniens en 586 avant JC. Ce mur est donc sacré au plus haut point pour le peuple juif. Des milliers de personnes s'y rendent chaque jour pour prier ou pour y déposer un bout de papier marqué d'un vœu.
On peut se demander pourquoi Kurumada a choisi un tel nom pour le rempart d'Elysion, peut-être était-ce juste pour le concept de lamentation...

 

    
Visage d'Hypnos
Le Mur des Lamentations (celui des Enfers) n'est pas simplement un assemblage de briques, il est également décoré, notamment de deux visages de profil dont une oreille est remplacée par une aile. C'est souvent ainsi qu'étaient représentés les jumeaux Hypnos, le dieu du sommeil, et Thanatos, le dieu de la mort, comme c'est le cas sur cette gravure (origine inconnue, elle apparaît sur les sites www.schmerzhypnose.de et www.thefreedictionary.com.
Il existe aussi une tête en bronze représentant Hypnos, exposée au British Museum de Londres. Il s'agit de la dernière pièce d'une statue romaine (350 avant JC), trouvée près de Pérouse, en Italie, et copie d'une statue grecque plus ancienne réalisée par Scopas.
Ainsi, sans en avoir l'air, le Mur des Lamentations nous donne un premier indice sur sa nature : seuls les dieux peuvent les traverser et, par extension, les jumeaux divins vous attendent de l'autre côté.
Merci à aka pour cette découverte.

 

    
Disque Solaire Ailé
Voici le deuxième élément qui décore le Mur des Lamentations des Enfers, juste sous les visages d'Hypnos et Thanatos. Il s'agit du symbole du Zoroastrisme, cette religion ancienne fondée par Zarathoustra vers le 7e siècle avant JC (peut-être même bien avant), dans l'Empire Iranien. Cette doctrine représentait le monde partagé entre le bien, défendu par le dieu Ahura-Mazda, et le mal, incarné par Angra-Mainyu (ou Ahriman). L'homme devait choisir sa voie par ses pensées, ses paroles et ses actions, et était guidé vers le bien par les Fravashis (les anges), représentés par le symbole sur la photo (certains disent que cet emblème correspond à Ahura-Mazda lui-même).
A noter que ce symbole, lié de manière très étroite au soleil, est également utilisé par les Egyptiens, et que les Perses l'ont employé pour représenter Assur, la divinité nationale de l'Assyrie.
Pour conclure, le Mur des Enfers nous livre implicitement un second indice : seul le soleil pourra le détruire. Remarquez que Kurumada a délibérément retiré la partie du symbole qui faisait apparaître le personnage pour ne garder que la partie solaire.

 

   
Horloge de Fort Galle
Au Sanctuaire, juste à côté des Douze Maisons du Zodiaque se trouve l'Horloge de Feu, qui a notamment servi à indiquer le temps qu'il restait aux saints de bronze pour sauver Athéna lors de la traversée des temples. Difficile de dire quel a été le modèle de Kurumada pour cette construction, mais en voici une qui est assez proche : c'est la Tour de l'Horloge de Fort Galle, au Sri Lanka, haute de 15 mètres. Elle a été érigée en 1881 durant l'occupation anglaise car, comme vous l'aurez remarqué, le style architectural n'est pas vraiment local !

 

   
Masque Funéraire de Toutankhamon
Dans le volume 23 du manga, la page d'accueil représente Seiya et Shun avec en fond ce célèbre visage pharaonique. Il s'agit là du masque funéraire du plus célèbre des pharaons de l'ancienne Egypte, à savoir Toutankhamon, mort en 1323 avant JC. Les Egyptiens considéraient, comme la plupart de nos ancêtres, qu'une nouvelle vie commençait après la mort, et qu'en conséquence le défunt devait être le plus richement vêtu pour passer de l'autre côté. Cet ornement magnifique est entièrement fait en or et incrusté de pierres précieuses ; il est aujourd'hui exposé au Musée du Caire, en Egypte.
Revenons à l'image de Seiya et Shun devant le masque : elle sert à introduire Pharaoh, le spectre du Sphinx, et évoque l'idée de la malédiction du pharaon, qui aurait frappé les archéologues qui ont découvert - ou profané ? - le lieu de sépulture du souverain en 1922.

 

   
Temple d'Abou Simbel
Voici l'apparence de la Deuxième Prison des Enfers, celle gardée par le spectre du Sphinx. Ici, le modèle utilisé ne laisse aucun doute : c'est le Temple d'Abou Simbel, bâti en 1244 avant JC à la gloire du pharaon Ramsès II, et dont les quatre géants en façade le représentent, avec à leurs pieds, en taille plus réduite, des statues des membres de la famille royale. A noter que Kurumada a cru bon de reconstruire la statue brisée en façade.
Après le Masque de Toutankhamon, voilà donc le Temple de Ramsès II, soit les œuvres de deux des plus grands pharaons de l'Egypte ancienne, quoi de plus logique pour illustrer la puissance de celui dont le nom fait référence à ces seigneurs légendaires ? On pourrait se dire que Kurumada a choisi la facilité en prenant ce temple comme modèle, mais au moins il nous a épargné le cliché de la Pyramide !

 

    
Colonne du Sanctuaire de Karnak
A l'intérieur de la Deuxième Prison, gardée par Pharaoh du Sphinx, Seiya et Shun découvrent une décoration parfaitement en accord avec l'extérieur. Attardons-nous sur les colonnes, qui ont une forme assez caractéristique : elles sont en fait inspirées de celles de l'immense complexe que représente le Sanctuaire de Karnak à Louxor, en Egypte. Parmi tous les temples qui le composent, l'endroit le plus impressionnant à visiter est la grande salle hypostyle (entre le 14e et le 12e siècle avant JC), qui est une véritable forêt de colonnes : une allée de douze colonnes de 23 mètres de haut et un ensemble de cent vingt-deux autres colonnes.
Les hiéroglyphes en revanche semblent provenir du temple d'Abou Simbel, on retombe donc sur nos pattes !

 

    
Psychostasie
La technique spéciale de Pharaoh de Sphinx, "Balance of Curse" (la balance de la malédiction), fait référence à la Psychostasie, plus communément appelée la "Pesée des Ames". Il s'agit d'un élément très important de la mythologie égyptienne. Le papyrus du Livre des Morts d'Ani (1240 avant JC), conservé aujourd'hui au British Museum de Londres, contient une illustration de la "Pesée des Ames", et c'est elle qui a servi de modèle à Kurumada dans le cas présent.
La pesée des âmes est conduite par le tribunal d'Osiris, que le dieu préside, entouré d'Isis, de Nephtys, et de quarante-deux juges. Parfois, Ré en personne dirige l'assemblée. Le mort qui va être jugé est introduit par Anubis et son cœur est posé sur un plateau de la balance tandis que sur l'autre est placée une plume (ou encore Maât, la déesse de la justice, coiffée d'une plume). Thot le dieu scribe surveille la pesée et inscrit le résultat sur une tablette, tandis que le mort expose sa défense. Au pied de la balance se trouve Babai ("la dévorante"), un monstre féminin à tête de crocodile, à pattes de lion et arrière-train d'hippopotame qui se jettera sur le jugé si son cœur est plus lourd que la plume. Mais si le jugement lui est favorable, Osiris lui ouvrira les portes du Paradis.
L'attaque de Pharaoh reprend donc fidèlement le principe de la pesée de l'âme pour abattre son adversaire, à une différence près, c'est que sa victime est encore en vie lors du supplice, et que son cœur est violemment arraché de sa poitrine pour être pesé !

 

    
Nilomètre de Kôm Ombo
Dans le Château d'Hadès, un puits profond doté d'escaliers interminables permet d'accéder aux Enfers.
Celui-ci ressemble étrangement au Nilomètre présent dans le temple de Kôm Ombo, en Egypte, dont la construction remonterait au début du IIe avant JC. Un nilomètre est un système qui permet de mesurer les variations du niveau du Nil.

 

   
Symboles Mayas
Ce qui rend l'épée d'Hadès si particulière, ce sont les symboles qui en recouvrent la lame. Difficile d'être formel sur l'origine de ces signes, mais une possibilité serait qu'il s'agisse de symboles mayas, comme ceux que l'on peut voir sur le Palais du Gouverneur de la cité d'Uxmal, au Mexique. Ce complexe daterait d'environ 450 à 600 après JC, et aurait été une place cérémonielle importante pour les Mayas. Quant au Palais décoré de symboles, il était consacré à l'étude du ciel, et notamment la prévision et l'observation des... éclipses ! La porte du bâtiment a d'ailleurs été placée dans le parfait alignement de la planète Vénus.

Théorie sur le lien entre la Grande Eclipse et l'épée d'Hadès :

Les symboles présents sur la lame de l'épée d'Hadès, nous venons de le voir, rappellent fortement ceux qui décorent le bâtiment de la cité d'Uxmal. Or, ce lieu était utilisé par les Mayas pour étudier le mouvement des étoiles et des planètes, et notamment pour prédire les éclipses, ce peuple étant réputé pour avoir disposé de solides connaissances en astronomie.

Dans le Taizen, la Grande Eclipse (Greatest Eclipse) est indiquée comme étant une technique de combat de Hadès, il serait donc logique de penser que le dieu déclenche cette "attaque" avec son épée...

Un dernier élément allant dans ce sens : le fronton du Palais du Gouverneur est décoré de ce symbole-là, qui n'est pas sans nous rappeler le symbole présent sur le Mur des Lamentations et, par extension, la forme de la poignée ailée de l'épée d'Hadès.

 

   
Cour Suprême de Washington
La Première Prison des Enfers est aussi le Tribunal des Morts. C'est là que Minos, ou Rune en son absence, juge les défunts et leur attribue un type de supplice en fonction de leurs péchés. Le bâtiment est conçu sur le même modèle que la Cour Suprême de Justice de Washington. Cet édifice, construit de 1932 à 1935 sous la direction des architectes Cass Gilbert, Jr. et John R. Rockart, est le plus grand tribunal des Etats-Unis et le symbole de la justice pour les américains.
Dans le cas de Saint Seiya, la devise sur le fronton a évidemment été changée : la phrase du bâtiment américain disait "Equal Justice Under Law" (justice équitable au regard de la loi), tandis que le tribunal des morts indique tout simplement "la Demeure du Jugement" en grec. De même, l'aspect général du temple a été modifié : il est plus grand, plus impressionnant, et les ailes gauche et droite ont été mises à la sauce grecque grâce à l'ajout de colonnes.

 

    
Maison Blanche
Le Giudecca, la dernière étape des Enfers, la résidence d'Hadès, est un temple à la forme assez particulière, forme que nous retrouvons sur la façade sud de la Maison Blanche, la célèbre résidence du Président des Etats-Unis d'Amérique. Bien sûr, c'est sans doute un hasard si cette référence associe les USA aux Enfers, Kurumada n'aurait pas osé faire une telle allusion. ^^
Ce bâtiment a été construit en 1792 par l'architecte James Hoban. A noter que le créateur s'est inspiré, pour la façade nord tout du moins, de la Leinster House (siège du parlement), à Dublin en Irlande. Pour finir, ajoutons que la disposition des colonnes commune au Giudecca de Kurumada et à la Maison Blanche se retrouve également à la Bristol Colonnade de Portmeirion, au Pays de Galle.

 

    
Dragon Smaug
Dans le Giudecca, le temple d'Hadès et Pandora, deux inquiétantes statues de dragons décorent le lieu. Elles ressemblent étrangement à cette statuette en vente sur Ebay, et il y a peu de chances qu'il s'agisse d'un hasard. Cette statuette est une représentation de Smaug, le dragon qui apparaît dans "Biblo le Hobbit" de J.R.R. Tolkien. A noter que cette statuette est sans doute elle-même inspirée d'un autre modèle...
Merci à Volcano et shun pour cette découverte.

 

    
Enola Gay
Dans la dimension du Triangle d'Or créée par Kanon, qui fait référence au Triangle des Bermudes, on aperçoit un avion nommé "Postile Express". Bien que ce nom ne semble pas faire référence à un appareil ayant réellement existé, sa forme en revanche rappelle le tristement célèbre Enola Gay, l'avion ayant lâché la première bombe atomique de l'histoire, sur Hiroshima le 6 août 1945.
Merci à saintseiyapedia.com pour cette découverte.

 

    
Aéroport de Narita
Il s'agit de la tour de contrôle de l'aéroport de Narita-Tokyô, au Japon. Le lieu étant régulièrement modernisé, cette tour n'existe plus aujourd'hui.
Merci à saintseiyapedia.com pour cette découverte.

 

    
Mur aux Visages
Bon là c'est un délire de ma part ! Kurumada n'a sans doute jamais eu connaissance de cette photo !
Rappelez-vous l'intérieur de la Maison du Cancer, avec le visage de toutes les victimes de Death Mask qui en décorent les murs, et maintenant comparez avec cette œuvre-ci, ça n'est pas si loin, non ? A part que là les visages sur la photo ne sont plus déformés par la douleur mais joyeux et souriants. Il s'agit d'une sculpture qui décore le "Castle in the Forest", un Bed & Breakfast qui se trouve au Canada.
Toutefois, plus sérieusement, il existe des anciennes cités d'indiens précolombiens où des visages de mort sont placés sur les murs, comme c'est le cas par exemple dans la cité inca de Tiahuanaco, dans les Andes de Bolivie, ou comme on peut le voir avec le masque de Jade dans "les Mystérieuses Cités d'Or".

 

    
Tarot Divinatoire
Ces cartes apparaissent lors de l'Eternal Drowsiness d'Hypnos. Le tarot divinatoire (à ne pas confondre avec le jeu de cartes du même nom) est un outil privilégié des mystiques, notamment pour découvrir ce que réserve l'avenir. Les cartes visibles ici proviennent de l'Egyptian Japanese Tarot, réalisé par Karashima Yoshio. Il s'agit-là de l'édition 1989, qui est une version en négatif (blanc sur noir) de celle de 1974 (noir sur blanc).
Cliquez sur les images pour voir toutes les cartes qu'on a pu trouver sur le sujet (merci aka).

 

   
Le village des damnés
Lorsqu'il est fait mention des cent orphelins réunis par Mitsumasa Kido pour être envoyés dans des camps d'entraînement, on voit une image un peu angoissante d'enfants les yeux grands ouverts. Il est possible qu'il s'agisse d'une référence au film "Le village des damnés". Ce long métrage d'horreur réalisé en 1960 par Wolf Rilla, raconte la naissance mystérieuse d'enfants aux pouvoirs surnaturels dans un village reculé d'Angleterre.

 

    
Alien & Predator
Dans la scène où l'on voit un monstre jaillir du coeur de Shun possédé par Hadès, la créature en question évoque le célèbre Alien du film éponyme de Ridley Scott, sorti en 1979, notamment avec la langue pourvue elle-même d'une bouche. En revanche, les tentacules sur la tête de l'animal rappellent un autre monstre du cinéma : le Predator, du film de John McTiernan sorti quant à lui en 1987.

 

    
L'Odyssée de l'Espace
Lors de l'évocation de concepts comme le cosmos, l'évolution des hommes, l'immortalité, etc. les propos des personnages sont à plusieurs reprises illustrés d'une vision de l'espace au milieu duquel stationnent des bébés dans des bulles (volume 5 page 101, volume 25 page 49).
Cette image est inspirée du film culte de Stanley Kubrick, 2001 l'Odyssée de l'Espace, réalisé en 1968. Dans celui-ci, le foetus astral symbolise l'évolution des hommes à un stade supérieur.
Merci à Michael Serra pour cette découverte.

 

    
Urotsukidôji
Voilà sans doute la référence la plus tordue de Saint Seiya... A gauche : Saga, le chevalier des Gémeaux, dont la personnalité maléfique prend le dessus, et à droite... une femme démon du manga érotico-gore Urotsukidôji ! Cette œuvre, réalisée par Toshio Maeda, est surtout connue pour sa version animée, "Legend of the Overfiend". A noter que l'illustration d'Urotsukidôji est extraite du volume 2, sortit en novembre 1986, alors que le volume 7 de Saint Seiya, dont est extraite l'image de Saga, n'est paru qu'en 1987 : il n'y a donc aucun doute sur qui a influencé qui ! Il a de belles références le père Kurumada ! A moins que les deux dessins fassent tous deux référence à une autre œuvre, comme par exemple une peinture.
Merci à megrez alberich pour cette découverte.

 

    
Montée des marches
C'est une habitude chez Kurumada de recycler des éléments de ses précédentes oeuvres : les noms des personnages, les noms des attaques, et surtout les visages (90% de ses mangas ont comme héros un sosie de Seiya). Mais parfois, ces emprunts vont plus loin : il lui arrive de réemployer des intrigues entières. Par exemple, le concept de la traversée des Douze Maisons du Zodiaque (ou des Sept Piliers des Mers, ou des Huit Prisons des Enfers) est une déclinaison d'un chapitre de Ring Ni Kakero dans lequel le héros doit franchir un à un les Dix Temples de l'Empire Ashura. Et ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres...

 

    
Burai
Afin d'accompagner le film "Tenkai-Hen Overture", Masami Kurumada avait réalisé en 2004 une dizaine de pages introduisant le personnage de Tôma, prisonnier d'une prison céleste.
Or en 1989, soit 15 ans plus tôt, débutait la série de jeux de rôle Burai. Les dessins étaient réalisés par Shingo Araki, le célèbre Character Designer de la version animée de Saint Seiya. Dans l'introduction d'un des jeux de la série nous pouvons voir un personnage roux, comme Tôma, portant des vêtements similaires ceux de Tôma, et enchaîné à des piliers au milieu des nuages, comme Tôma. Donc Kurumada se serait inspiré de Shingo Araki pour Saint Seiya ? C'est vraiment le monde à l'envers !

 

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Etude réalisée par Vincent, sans pseudo.

le Scribe du Sanctuaire